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Société

10 mars 2003

Les nouvelles révélations de Cabassou

Kart dévyasyon(1)
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Le 10 février dernier, la DDE réouvrait la RN3 Cabassou sur une nouvelle portion de route traversant le grand marécage de Cabassou. Cette portion étant une déviation de l’ancien tracé suite à la catastrophe du 19 avril 2000 dont tout le monde se souvient. Pendant plusieurs mois, des habitants constitués en Collectif (à l’initiative du conseiller municipal de Rémire-Montjoly -MDES- Maurice PINDARD) réclamaient la réouverture de la RN3 sur l’ancien tracé, estimant que cette opération était possible moyennant une sécurisation de la colline de Cabassou. Pendant plusieurs mois, des confrontations ont eu lieu entre autorités publiques (Préfecture, DDE, gendarmerie) et le Collectif pour la réouverture de la RN3 Cabassou.

 Un glissement de terrain connu depuis 1990

Ces confrontations allant même jusqu’aux pressions de gendarmes et de la DDE (sur ordre de la Préfecture) envers les camionneurs et entrepreneurs de travaux publics qui avaient mis leurs engins à disposition du Collectif afin que celui-ci réalise le déblayage de l’ancien tracé obstrué par de la terre sur 80m de longueur environ. Cette action de désobéissance civique se soldait par la démonstration du collectif, le 8 mai 2002, que l’ouverture de la RN3 était possible sur l’ancien tracé par le déblaiement de celui-ci. Des véhicules pouvaient à nouveau circuler. Cette opération démontrait que toutes les affirmations de la DDE et la Préfecture sur la dangerosité et l’instabilité du site de Cabassou étaient fausses et infondées. En effet, il faut se rappeler que le glissement de terrain intervenu en avril 2000 n’était pas le fait d’une catastrophe naturelle comme a toujours tenté de faire croire l’état, mais bien le résultat d’interventions humaines d’autant que les mesures qui devaient être prises par la DDE et la Préfecture pour assurer la stabilité du site n’avaient pas été réalisées comme elles auraient dû l’être notamment en matière de confortement du pied de la colline et de l’évacuation des eaux. Ròt Kozé en a largement donné les raisons en publiant notamment le rapport des experts indépendants qui accuse nommément le BRGM, la DDE et la Préfecture. Malgré la démonstration du déblayage de la route par le Collectif, l’état par le biais de la Préfecture et la DDE s’obstinait à construire sa déviation dans le marécage et ignorait volontairement tous les arguments avancés par le Collectif sur la possibilité de réouverture de l’ancien tracé. La raison invoquée par l’état : la colline de Cabassou est dangereuse, une catastrophe naturelle pouvant survenir à n’importe quel moment ! Ainsi, la DDE multipliait les interventions médiatiques expliquant que le choix d’un nouveau tracé dans le marécage avait été pris après « étude » des différentes possibilités de remise en circulation de la RN3. Elle indiquait également que les « études » montraient que la réouverture de la RN3, sur son tracé initial n’était pas possible du fait de l’instabilité de la colline mais finissait par ajouter qu’une réouverture impliquait l’arasement de la colline et le déblayage de 300.000 m3 de terre (soit la totalité de la terre éboulée !). Bref, elle demandait à chaque guyanais de lui faire confiance sur son expertise, celle-là même qui a coûté la vie à 10 personnes.

 Les menteurs font toujours des erreurs

C’est ainsi que, ayant rempli son rôle citoyen, le Collectif s’en remettait aux élus, estimant qu’ils devaient à leur tour jouer leur rôle dans cette affaire afin que les guyanais ne soient pas floués une fois de plus. Ils (Mairie, Région, Conseil général) s’étaient engagés à interpeller en commun le ministre de l’équipement et toute autre institution susceptible d’être sensibilisée sur la position guyanaise. Cette interpellation commune n’a jamais eu lieu…

Comme il est de coutume dans une colonie française, l’état impose sa vision et les élus locaux traditionnels doivent s’y plier, au risque d’être eux-mêmes en difficulté. Sentant bien que sa responsabilité serait en jeu, le Maire de Rémire-Montjoly écrivait au Préfet le 25/09/2002 en lui réclamant les fameuses « études » qui concluaient à l’instabilité du site de Cabassou. Dans cette même lettre, le Maire faisait remarquer au Préfet que l’arrêté municipal que la Préfecture lui avait imposé de prendre suite à la catastrophe et qui interdit l’accès au site « dit dangereux » était en contradiction avec la réalité : un arrêté préfectoral autorise une société d’auto-école à exercer ses activités dans la zone et pire, les travaux de construction de la déviation sont entrepris pour partie dans la même zone dite « à risques ». A cette lettre, le Préfet répondait le 10 octobre 2002 sans jamais indiquer pourquoi une partie de la déviation se trouvait dans le « périmètre dangereux » (voir carte) et ne répondait même pas au Maire sur la suite à donner à l’arrêté municipal d’interdiction que la préfecture avait ordonné à la municipalité de prendre en 2000.

Le 19 décembre 2002, le Maire bien embarrassé écrivait à nouveau au Préfet.

Dans cette lettre, il confirme enfin les dénonciations du Collectif au sujet des procédures « démocratiques » prises par l’état pour la construction de la déviation : « Dans ces consultations que vous décrivez, votre administration n’a voulu faire que de l’information en présentant des positions déjà arrêtées unilatéralement sans aucune possibilité d’infléchir les décisions déjà prises. Je vous rappelle à ce titre que ces réunions pour l’essentiel ont été proposées alors que les procédures étaient engagées ou les marchés publics attribués ou même les travaux entrepris. D’autre part, les consultations administratives que vous argumentez ne paraissent avoir été entreprises que pour justifier leur engagement réglementaire dans la forme procédurière requise sans qu’il n’y ait jamais eu le moindre souci de prendre en considération les observations émises car l’objectif avoué était d’aboutir aux choix fixés à l’avance ». La lettre du 10 octobre n’ayant pas satisfait le Maire sur les contradictions entre l’arrêté municipal d’interdiction du site et le fait qu’une partie de la déviation se trouve dans la « zone interdite », il insiste encore dans son courrier : « De même que je me dois d’insister sur le fondement juridique en l’état des arrêtés municipaux n° 2000-104/RM et n° 2000-108/RM respectivement du 2 et 9 mai 2000pris, je vous le rappelle, à la demande de l’administration supérieure que vous représentez et sur lesquelles vous ne me donnez aucune suite ». Autrement dit, le Maire insiste sur le fait qu’aucune réponse ne lui est donnée par le Préfet lui-même sur cette contradiction entre la « zone interdite » et la déviation qui s’y trouve. Il réitérera sa demande dans un courrier du 10 février 2003 sur le même sujet. Sans réponse. Ce n’est que le 6 mars dernier, après que le MDES ait révélé ces éléments, que le directeur de la DDE Vincent MOTYKA, pour se tirer de cette nouvelle embrouille, annonce que le périmètre de la « zone dangereuse » aurait été réduit ! Tout cela sans qu’aucun document officiel ne vienne le prouver et sans expliquer sur quelle base scientifique ce périmètre aurait été revu ! Il avance alors une « erreur administrative ». La vérité, cher lecteur, c’est qu’il n’existe pas de nouveau périmètre. La DDE et la Préfecture ont toujours tout fait dès le début pour masquer leurs responsabilités dans l’effondrement de la colline, usant de tous les moyens y compris du mensonge pour se tirer d’affaire. Mais à force de mentir et mentir encore, ils finissent par faire des erreurs et se contredire ! En supposant même que le périmètre dangereux aurait été réduit, cela implique de fait que « l’instabilité » de la colline de Cabassou tendrait à s’estomper et que le « danger naturel » auquel l’état a toujours fait référence diminuerait dans le temps, contredisant toutes leurs précédentes déclarations ! Le caractère de « dangerosité » de la colline est même effacé purement et simplement par le ministre français de l’équipement Gilles de Robien dans une lettre du 29 octobre 2002 : « Vous évoquez l’idée de réouvrir également l’ancien tracé, je n’y vois pas d’inconvénient… ». Ce que ne manque pas de souligner le Maire de Rémire-Montjoly au Préfet dans sa lettre du 19/12/2002 : « Je vous communique pour information une copie de la lettre du 29 octobre 2002 référencée GR/PB CP/02001484 de Monsieur le Ministre de l’Equipement, des transports, du Logement, du Tourisme et de la mer….que je laisse à votre appréciation. Vous approuverez sûrement que je puisse aussi réclamer encore une fois de plus la communication de l’étude conduite par vos experts qui a motivé la décision de ne pas avoir privilégié la remise en état de l’ancien tracé de la RN3 dans les conditions que j’ai proposées, et de ne pas entreprendre ainsi la sécurisation du site réclamée par tous qui s’impose encore ».

Le fait que la déviation se situe dans le « périmètre interdit » confirme que la zone n’est pas si dangereuse que le prétend la DDE, et que la RN3 peut être réouverte sur son ancien tracé moyennant une sécurisation de la colline comme cela se fait partout ailleurs.

Ces courriers officiels du maire lui-même démontrent ce que le Collectif a toujours affirmé : l’affaire de Cabassou est truffée de mensonges des représentants de l’état !

Ancienne RN3 – Déviation – Limite Zone protégée

 

Si la déviation est comprise dans le périmètre soit-disant dangereux, pourquoi avoir toujours refusé de déblayer la RN3 sur son ancien tracé ? Que veut cacher l’état français ? Les arguments de « sécurité » avancés sont-ils véridiques ou ne sont-ils qu’un faux prétexte ?





 
 

 
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