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Société

17 avril 2004

DEVELOPPEMENT DURABLE ET TERRITOIRES

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La prochaine campagne des élections régionales devrait voir les différents partis politiques guyanais débattre sur les thèmes classiques de l’économique et du social, mais également de plus en plus de « développement durable ».

Malheureusement, jusqu’à aujourd’hui, aucun débat vraiment sérieux n’a eu lieu sur ce que devrait signifier le développement durable en Guyane ; notamment dans ses implications socioculturelles et spatiales.

Avec une terminologie désormais galvaudé et fourre-tout,  le développement durable se voit approprié par les différents partis politiques locaux afin de « relooker » leur discours, ou plus prosaïquement se conformer aux nouveaux dictionnaires du développement local. Ce faisant l’essentiel est évacué. Que signifie le dev. Dur. Quelles sont les implications et les révisions éventuellement douloureuses à effectuer sur le plan conceptuel

Avant de se pencher sur les contenus d’un futur débat,.

Les lignes qui suivent rappelent les quelques éléments qui définissent un développement durable puis dans une deuxième partie, nous essaierons de tracer quelques « layons » à à travailler par nous tous en Guyane..

C’est en 1987 à la faveur du Rapport Brundtland, qu’est consacrée la notion de développement durable, défini comme “un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs”.

Cette définition  renvoie au respect simultané de plusieurs objectifs :
– le développement économique ;
– la préservation de la base de ressources naturelles et les contraintes écologiques qu’elle implique ;
– l’équité sociale intergénérationnelle et intragénérationnelle (notamment entre pays du Sud et du Nord).
Le développement durable se veut un choix de développement qui permet la “coévolution” des systèmes économiques, sociaux et écologiques.

Cinq ans plus tard, en 1992, la Conférence de Rio le consacre aux yeux du monde par deux textes majeurs, la Déclaration de Rio et le plan d’Action 21.

La Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement énumère les 27 principes d’un développement durable. Le premier d’entre eux est ” les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable : ils ont droit à une vie saine et productive en harmonie avec la nature“. Cette déclaration affirme clairement que le progrès économique à long terme est indissociable de la protection de l’environnement et qu’il exige un partenariat étroit et équilibré entre tous les peuples et leurs gouvernements.

Le Plan d’Action 21, ou Agenda 21, quant à lui énumère un catalogue d’actions concrètes, d’objectifs, d’activités et de moyens d’exécution.

Cet agenda 21 qui doit être mis en œuvre à tous les échelons du territoire, tend de fait de remplacer la notion de développement local.

Même si les objectifs et les principes d’action font l’objet d’un réel consensus, la manière de les interpréter et les priorités ne vont pas de soi, du fait de la variété des cultures humaines. Le danger, est bien entendu, sous couvert de ces objectifs, d’offrir une nouvelle légitimité, par une caution culturelle et scientifique, aux dominations exercées sur les communautés humaines dont la pérennité culturelle et les savoir-faire sont basées sur des bases socioculturelles différentes du projet occidental.

Dés lors, la diversité culturelle, l’une des bases du développement durable est mise en cause, et l’accélération d’une acculturation des peuples autochtones renforcée.

A partir de ces quelques définitions génériques, on devine qu’en Guyane, un débat approfondi sur la finalité du développement durable est soigneusement repoussé, du fait de la diversité socioculturelle sur le territoire Guyanais et de ce qu’elle signifie comme usages différents et fructueux de l’espace.

Et nous sommes tentés de citer d’abord les communautés traditionnelles bushinengués et amérindiennes, dont la survie des patrimoines est lié à un usage alternatif.

Pourtant il serait plus logique d’examiner en premier lieu les deux acteurs majeurs de la transformation de l’espace en Guyane. D’une part, le groupe créole avec un lien historique particulier à l’espace et une jouissance foncière, accordée chichement par le pouvoir colonial. Et d’autre part, le groupe métropolitain marqué par des représentations plus ou moins exotiques de « la forêt vierge » et sa mise en valeur forcément très jacobine..

Il nous semble que ce développement durable de l’intérieur ( et malheureusement,  il n’ y en a pas d’autre) ne peut se faire de manière sereine et partagée que si le groupe créole s’étonne désormais de jouer les supplétifs maladroits d’une politique de l’état. On rappellera que cette démarche est exacerbée par le fait que jusqu’à aujourd’hui 90% du territoire guyanais, soit 95% de l’espace forestier, appartient au « Domaine privé de l’Etat » et signe les rapports qui prévalent entre l’Etat et les populations locales.

A notre sens l’explication de cet état de choses est sur le littoral. C’’est en réalité l’effondrement de la société créole sur le littoral depuis une quinzaine d’années, en termes démographiques, et culturels, qui expliquerait cette boulimie d’aménagements et de projets à l’intérieur de la Guyane. C’est l’abandon, la reconnaissance tacite de la fin du creuset créole miné par le consumérisme et une paupérisation  urbaine,  qui expliquerait sur le plan sociologique, qu’il y a plus à perdre qu’à gagner dans un développement biaisé du sud de la Guyane qui ne serait qu’une fuite en arrière tan que les conditions du Dev. Dur sur le littoral soient effectivement mises en oeuvre

La constitution de l’espace guyanais est, et demeure étroitement tributaire de la relation entre les faits de colonisation, les processus de départementalisation et d’intégration, et des modifications démographiques qui les accompagnent. Toute « conquête » ou ambition vers le Sud est connoté en l’état actuel d’une stratégie coloniale qui par essence est opposée à l’approche du développement durable. Et cette concurrence artificielle suscitée par l’état vise à disqualifier les collectivités locales, de fait détenues par le groupe créole.





 
 

 
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