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Politique

17 mai 2005

LA PLACE DU GUYANAIS AU SEIN DE L’ENSEMBLE FRANÇAIS ET EUROPEEN

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A l’heure où la libre circulation des capitaux et des marchandises est parachevée, la question des migrations humaines constitue un épineux problèmes pour les économies développées et s’agissant de la Guyane, suscite, à minima, chez nos compatriotes, un sentiment d’inquiétude, d’envahissement. Des débats sont organisés au sein de l’université sur l’identité guyanaise. Mais, pour ceux qui se considèrent, à tous titres, comme guyanais, quels espoirs laissent entrevoir les mouvements qui s’opèrent à l’échelle mondiale ?

Un fondement économique
Quelles soient organisées ou sauvage, les migrations ont pour objet essentiel des raisons économiques. La guerre ou l’instabilité politique qui causent des migrations ont, elles aussi bien souvent, une origine économique. C’est la lutte pour les ressources naturelles, les marchés, qui sont à la source des conflits.
Des hommes poussés par le besoin, quittent leur pays pour vendre leur force de travail. Les nations dans le cadre de leur développement ont recours à cette force de travail. Ainsi, la France a eu recours à plusieurs vagues d’immigration pour satisfaire des besoins de main d’œuvre dans l’agriculture, le bâtiment et les travaux publics, l’industrie.
Ensuite, s’opère le regroupement familial et l’émergence de générations d’enfants qui ont une double culture quel que soit le niveau d’intégration des familles.
Ce schéma est en quelque sorte le dénominateur commun à toutes les histoires d’immigration qui sont uniques.

Auquel n’échappe pas la Guyane
La Guyane, qualifiée de terre d’immigration a connu et connaît encore sur ces bases, des flux migratoires. Pourtant, son statut de colonie complexifie la question. Le véritable pouvoir est détenu par les instances coloniales qui organisent ces flux migratoires alors que les rapports quotidiens de l’immigré se font avec la population locale. Cette « triangulation » suscite un malaise. Les décisions de peuplement prisent par Paris sont dénoncées par Cayenne comme un génocide par substitution. Ce fut le cas du sinistre plan vert qui prévoyait l’arrivée en Guyane de 40 000 colons alors que la population du pays était de 60 000 habitants.
Dans ces conditions, comment un processus d’identité guyanaise peut –il se mettre en place ?

Quelles perspectives au sein de l’espace franco-européen ?
Aujourd’hui le débat sur l’approbation par référendum du projet de constitution européenne fait rage en France. Il semble que face à l’intégration économique des nations européennes, les peuples soient réticents à se noyer dans un ensemble européen où ils auraient le sentiment de perdre un peu de leur identité. Même si le débat tourne autour de questions économiques (l’essentiel du droit français est d’essence européenne.)
Les replis communautaristes, les revendications des minorités ne sont-ils pas la traduction d’une inquiétude face à des ensembles monstrueux où le pouvoir est capté par les puissants et les responsabilités diluées. Il en est ainsi de la casse sociale et de son corollaire, la précarisation, qui se fait en Europe au nom de la compétitivité économique alors que les grandes entreprises affichent des profits insolents.
Que dire de nous au sein d’une Guyane en devenir ? Les choses ne vont-elles pas trop vite ?

Les sainte-luciens une intégration atypique
La visite en Guyane, au mois de janvier, du premier ministre de Sainte Lucie permet d’apprécier avec le recul, l’exemple de l’intégration des guyanais d’origine sainte lucienne. Ces guyanais sont totalement intégrés pourtant, ils ne sont pas assimilés. Car ils conservent leurs traditions et ils enrichissent même le patrimoine culturel guyanais.
Cela n’empêche, que nombre de vieux sainte luciens sont encore détenteurs de cartes de séjour et déclarent ne pas « vendre leur drapeau » car ils n’ont jamais fait de demande de naturalisation pour devenir français renonçant de plein gré aux avantages conférés aux « nationaux ».
L’immigration sainte lucienne fut à base économique, c’était l’or à l’époque. Aujourd’hui, les sainte luciens se répartissent sur tout le territoire de la Guyane même si des communes (Saül) ou des quartiers (Bonhomme à Cayenne) sont historiquement St-luciens. Les unions ont donné des guyanais présents dans toutes les couches de la société et occupant divers emplois. Les liens sont conservés avec le pays d’origine et, malgré les tarifs prohibitifs des compagnies aériennes, de nombreux guyanais vont voir « la famille » à Castries, Vieux Fort, Laborit… emmenant des choses du pays et rapportant des choses…du pays.
Certes, le créole à facilité ce processus d’intégration mais il s’est surtout opéré lentement à un rythme supportable par la population locale.
La réalité aujourd’hui est tout autre.

Tolérance, implication, résistance
Les désordres autour de l’immigration ne sauraient trouver de solution dans des polémiques stériles ou dans de la gesticulation. Il y un problème lourd de conséquences pour l’avenir et dont les enjeux nécessitent une implication de la classe politique mais aussi des citoyens. Le sentiment d’invasion n’est pas qu’un sentiment. Mais la passivité sur la question ne peut rien produire de positif. Au contraire, elle fait le lit de la xénophobie
L’émergence d’une identité guyanaise doit se faire autour de la réflexion, du débat et de l’action. Car la défense de ce qui nous unit implique également une résistance contre tout projet déstructurant ou visant à instaurer des rapports de domination entre les diverses composantes de la société guyanaise. Elle implique obligatoirement, une lutte pour un véritable pouvoir politique.





 
 

 
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