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Société

1 avril 2006

Légitime violence d’un pouvoir illégitime

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Le mercredi 22 février 2006 le verdict du tribunal de Paris concernant l’affaire Cabassou est tombé dans l’indifférence la plus totale car la Guyane préparait activement les dernières festivités pour clôturer le carnaval 2006, rien ne pouvait perturber la cérémonie du Dieu Vaval.

En effet, la procédure en citation directe des avocats des familles des victimes de la catastrophe de Cabassou a été jugée irrecevable.

Cette décision inique remet en cause les fondements même de la notion de justice en Guyane. La justice française a basé sa délibération sur le caractère absolu du non-lieu prononcé le 21 mai 2002 par le juge Nathalie MARLADEL avec l’aval du procureur de l’époque Anne KAYANAKIS.

Malgré les preuves accablantes, les préfets concernés (DARTOUT, VIAN, MASSE) et les responsables de structures étatiques (Gérard JUSTINIANY, Roger HALGAND, Jean Pierre COMTE) sont protégés et couverts par les lois françaises et ne répondront pas pour le moment sur les 10 morts de la catastrophe du mont Cabassou.

Il est bon de rappeler que 10 morts à l’échelle de la Guyane (200 000 habitants) correspond à 3 085 morts en France (61 700 000 habitants).

Cette délibération met en évidence comment sont traités les citoyens de ce pays d’Amérique du Sud. Un simple petit juge est capable de faire basculer la vie de dizaine de familles guyanaises car il est seul à prendre la décision dans un contexte colonial.

Les avocats des victimes feront appel de cette délibération en espérant que cette affaire passe en correctionnelle.

La rédaction de Ròt Kozé n’a aucune illusion sur cette affaire, si le climat d’indifférence, d’anesthésie persiste au niveau de la classe politique aussi bien qu’au niveau de la population guyanaise cette affaire rentrera dans la longue liste des séquelles coloniales.

Dans le même ordre d’idée, après trois semaines de grève au centre hospitalier Andrée Rosemon à Cayenne et un jour de grève générale à l’appel de la principale centrale syndicale de Guyane, l’UTG et les présidents des collectivités régionale (Antoine KARAM) et départementale (Pierre DESERT) ont signé un accord qui engage la responsabilité des deux présidents sur le conflit de l’hôpital.

Le directeur du centre hospitalier Andrée Rosemon, monsieur Pierre Pauchard a dénoncé cet accord le lendemain et a affirmé publiquement qu’il ne l’appliquera pas.

C’est un désaveu cinglant de l’exécutif local, c’est un crime de lèse-majesté, comment de petits présidents de collectivités locales peuvent court-circuiter un fonctionnaire d’état en provenance directe d’un ministère outre-atlantique !!!

De leur coté, les élus guyanais demandent unanimement le départ de ce fonctionnaire dont l’outrecuidance permet de souligner les véritables rapports existants entre les élus locaux plébiscités aux suffrages universels et l’état français.

Les graves problèmes structurels de la santé publique en Guyane ne sont pas pris en compte, on préfère polémiquer sur les attributions du conseil d’administration du CHAR et du directeur.

Cette tendance va se confirmer avec l’arrivée en catimini du ministre de la santé, monsieur Xavier Bertrand le 06 mars 2006.

Cette visite est un véritable camouflet pour la classe politique locale et la confirmation du désintérêt de la France aux problèmes de santé que vivent quotidiennement les habitants de ce pays.

Monsieur Xavier Bertrand est venu principalement en Guyane pour appréhender les maladies tropicales émergentes (dengue, chikungunya, chagas), c’est pourquoi il a été directement rendre visite à son collègue ministre, monsieur Léon Bertrand à St Laurent du Maroni.

Le principal hôpital de Guyane a été en grève pendant un mois, suivi d’une grève générale de solidarité pour débloquer la situation ; la situation sanitaire en Guyane est déplorable et le ministre de la santé Xavier Bertrand se soucie des maladies tropicales émergentes, pas un mot sur les problèmes récurrents de la santé publique en Guyane.

De plus, pour ne rien arranger à une situation dégradée, suite au passage du ministre de la santé, les deux présidents monsieur Antoine Karam (région) et Pierre Désert (département) sont à nouveau prêt à travailler avec le directeur du CHAR à condition que ce dernier fasse des excuses écrites.

Cette situation rocambolesque fait ressortir notre existence de colonisé qui est incapable de soutenir la confrontation d’idées, la pression exercée par la tutelle malgré une cause juste.

La solution ne peut venir que de la rue, les faits sont entêtants et bien réels il ne faut rien attendre de nos exécutifs locaux, ils sont dociles et corvéables à merci.





 
 

 
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