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Culture

1 janvier 2008

Hommage à Léo Othily

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Le 29 décembre 2007, au Zéphir, un vibrant hommage était rendu, à l’initiative principalement des Jeunes de Mirza, à Léo Othily.

Au cours de cette soirée les grandes lignes de la vie de ce Sage étaient rappelées, en dépit d’une certaine opposition, due à la modestie de Jaguar Sympathique *, désirant traverser le temps, sans bruit, sur la pointe des pieds, s’excusant même d’avoir laissé, malgré lui, tant de traces sur son passage.

Dans le prolongement de cette soirée, Ròt Kozé vous invite à partager l’entretien que l’intéressé a bien vouloir nous accorder.

C’est à Montjoly, dans un quartier paisible, entre le chant des oiseaux et le parfum des fleurs de son jardin, que Léo Othily  nous recevait.

L’homme est attentif, interrogateur, chaque mot est important  et semble être méfiant face à notre démarche. Peu à peu la confiance s’installe, le maître baisse la garde, et se livre.

Avant tout il faut préciser que les différentes activités de l’intéressé sont si étroitement liées qu’il serait inconvenable de les dissocier.

Après mes études, j’ai débuté à l’école de garçons de Cayenne, (Cayenne ne comptait qu’une école, aux Palmistes), par la suite, j’ai été muté à IRACOUBO, en 1939.

C’est à cette période que je fus mobilisé, mais pour des raisons que j’ignore, je ne suis pas parti, contrairement à un de mes frères qui a connu le Front.

Je profite de l’occasion  pour rendre hommage à M. LAM CHAM Roger qui vient de « partir »  et aussi aux Guyanais qui ont fait le voyage et n’ont jamais revu leur pays.

Par la suite,   je suis de nouveau revenu sur l’Ile de Cayenne  et exercé, selon mes souvenirs, à Montjoly, durant l’année scolaire 42/43, avant d’être de nouveau mobilisé à la Martinique.

De nouveau libéré en 1946, je suis affecté à l’école communale de Mana jusqu’en 1950  date à laquelle de regagne l’école de garçons de Cayenne.

Début des années 1960, j’ai affecté à l’école de garçons de Mirza (actuellement Malacarnet)  et j’en fus le Premier Directeur et ce jusqu’à mon départ à la retraite en 1976.

Je rappelle que la Directrice de l’école de filles de la même cité était Mme LIBRI.

Parallèlement à cela, j’étais détaché, aux heures post et péri scolaires, nouvellement implantées et il fallait motiver le bénévolat dans le corps enseignant, chez les élèves et aussi chez leurs parents, afin de fortifier aussi l’action bénéfique pour la promotion de la citoyenneté de demain.

Puis, vint l’implantation des CEMEA (Centre d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active), ouvrant un champ d’action aux cadres expérimentés formés aux données de la pédagogie sans cesse en progression.

 

LE SPORTIF

Mon engagement dans le milieu sportif a vraiment pris corps quand je suis revenu sur Cayenne et qu’avec les autres enseignants de l’établissement, nous avions mis sur pied une équipe de football dont le nom était « L’ÉTOILE DU MATIN »

Je dois préciser,  que j’étais Eclaireur de France formateur, et  qu’avec mes amis,  nous étions souvent en très bonne place lors des manifestations sportives auxquelles nous participions.

Il était dès lors plus facile de transmettre aux plus jeunes la motivation profonde des camps de vacances dont le but principal restait tout de même la découverte de la Guyane.

LES JEUNES DE MIRZA

C’est à l’école de Mirza,  que j’ai accompagné les jeunes du quartier dont Fernand RADAMONTHE, Roger VAITI  et autres lors de la création du club de théâtre des Jeunes de Mirza.

Ce projet n’est pas sorti de la poche de Léo Othily, les jeunes savaient ce qu’ils voulaient, mon rôle a été plus de les encadrer tout en les responsabilisant au maximum.

De la sorte ils prenaient conscience que d’une part tout un chacun avait un rôle aussi minime soit-il à faire, ce qui entraîne la cohésion et surtout  la solidarité du groupe.

La vie n’étant pas un long fleuve tranquille, il fallait que chacun fasse sa propre expérience et s’améliore.

 

 

NOS ANCETRES LES GAULOIS

Personnellement, je n’ai jamais été pénétré par cette idée dans la mesure où mes parents m’avaient transmis une certaine éducation me permettant notamment de savoir qui j’étais.

 

 

DES ÉPOQUES DIFFÉRENTES

On peut reprocher aux enseignants de l’époque de n’avoir pas véritablement inculqué la Guyane aux élèves.

Comment le pouvions-nous ?

Il faut se replacer dans le contexte de l’époque.

Il faut éviter certaines comparaisons, les éléments sont totalement différents.

Ce que l’on peut faire, c’est de donner des exemples et aux autres de s’améliorer.

Autre chose, c’est tout de même à cette période que furent introduites, grâce à l’action du syndicat des instituteurs, une  question d’histoire et de géographie, sur la Guyane (à l’examen du certificat d’études primaires).

Par ailleurs, le créolisme était sévèrement sanctionné lors des concours et examens, c’est pour cela que nous voulions, notamment en français, l’excellence pour nos élèves.

 

A ce sujet, je veux juste dire que j’ai fait un discours pour la loge sur SCHOELCHER.

A la suite de ce discours, Michel LOHIER a souhaité que ce texte soit publié, il n’en fut rien.

Tout cela pour dire à quel point nous étions encadrés et qu’aucune place n’était laissée à l’initiative.

 

DAMAS INTERDIT

C’est alors que je revenais de congés en France, que j’ai eu l’occasion, de lire DAMAS, dans la bibliothèque du bateau.

Par la suite, alors que j’étais en poste à Mana, j’ai rencontré DAMAS lors de sa campagne électorale et lui ai fait par des difficultés à trouver ses livres, il me confirmait que ses écrits étaient interdits en GUYANE.

 

DÉLÉGUÉ DÉPARTEMENTAL A L’ÉDUCATION

Il s’agissait  en fait, en collaboration avec les Mairies de vérifier que les écoles pouvaient recevoir les enfants dans de bonnes conditions.

Un rapport était déposé tant à la mairie qu’à l’Inspection académique.

 

CRÉDIT POPULAIRE GUYANAIS

Le constat était que les deux banques du pays étaient particulièrement rigides notamment vis-à-vis des plus démunis, des humbles, lesquels n’avaient pas accès aux crédits.

Avec d’autres personnes dont entre autres Armand HIDAIR et Georges OTHILY, nous avons mis sur pied le CREDIT POPULAIRE GUYANAIS.

Les banques ont aussitôt réagi et voulu nous contrer.

C’est ainsi que nous avons été convoqués par la Banque de France qui nous reprochait la faiblesse de nos capitaux.

Nous avons du faire appel, pour nous chapoter au Crédit Mutuel (dont le siège est à Paris) qui  correspondait à notre objectif.

Actuellement nous comptons des agences dans les principales villes du pays : CAYENNE, SAINT-LAURENT, KOUROU, MANA.

 

POLITIQUE

Je n’ai jamais vraiment aimé ce milieu, cependant, en 1971, il m’a été demandé de conduire une liste, aux municipales de Mana, ma commune.

J’ai rapidement compris que certains ne cherchaient qu’à se placer  et acceptaient difficilement par exemple, la présence d’Amérindiens sur la liste.

Cette expérience n’a pas abouti et c’est tant mieux.

 

AVENIR DU PAYS

Il  faudrait une prise de conscience collective des Guyanais.

Je suis peiné de voir à quel point vous vous engagez pour si peu de résultat, il est vrai que l’on ne peut sauver quelqu’un malgré lui.

Il existe des éléments qui divisent pour régner et face à cela, il faut être fixé dans ses convictions pour ne pas être ébranlés.

Le Guyanais devrait se mettre en condition et ne pas attendre sur les autres. Nous devrions investir l’intérieur du pays, comme cela se faisait à l’époque. On doit aimer son pays comme sa Mère.

Entretien accordé à Mayo

* jaguar sympathique : les scouts, les éclaireurs, les franca, se donnent toujours un surnom. Celui de M. Othily est jaguar, ces camarades ont rajouté le qualificatif de sympathique d’où JAGUAR SYMPATHIQUE. 

Monsieur OTHILY co-animait, avec M. MACANTAY, le club nautique de Montravel à Montjoly. L’intéressé est décoré des Palmes Académiques ainsi que de nombreuses autres médailles.





 
 

 
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