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Société

1 avril 2010

Le système électrique Guyanais

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En ce début d’année 2010 le quotidien des guyanais est rythmé par de fréquentes coupures de la fourniture de l’énergie électrique. En effet de janvier 2010 à mi- mai 2010, on dénombrait une vingtaine de coupures dues pour la grande majorité des cas à une insuffisance des moyens de production.

Il faut aussi noter de fréquents arrêts de la fourniture de courant à cause de la défaillance du réseau de transport et de distribution. Ces coupures ne concernent en général qu’une partie de la clientèle en fonction de la localisation du défaut. Malgré la mauvaise qualité de la fourniture électrique, EDF Guyane applique une politique commerciale agressive vis à vis des usagers.

Le système de production électrique guyanais, composé de la centrale thermique de Dégrad Des Cannes (DDC) et de la centrale hydraulique de Petit Saut, est au bord de l’implosion. _ L’offre pourrait ne plus satisfaire la demande.
Les groupes diesels de DDC ont été surexploités et la politique de maintenance négligée ; les avaries et les incidents moteurs se multiplient.
EDF Guyane a été dans l’obligation d’arrêter certains groupes diesels et d’appliquer une politique de maintenance de survie. C’est le même cas de figure pour les trois turbines à combustion (TAC) de 20 Mégawatts dont l’une se situe sur le site de Pariakabo à Kourou et les deux autres sur le site de production de DDC.
La TAC de Pariakabo est hors service suite à une avarie mécanique, les TAC de DDC fonctionnent cahin-caha avec des réparations de fortune au détriment de la sécurité.
La centrale hydraulique de Petit Saut a dû compenser la défaillance des groupes thermiques de DDC et des

TAG. Ainsi EDF Guyane n’a pas pu gérer la retenue d’eau du barrage en prévision de la saison sèche. La cote d’alerte de 29,50 mètre du niveau d’eau du barrage a été largement dépassée pendant les mois de février et mars 2010. EDF Guyane à ce moment précis ne pouvait faire fonctionner que deux groupes hydrauliques sur quatre justement à cause du niveau d’eau de la retenue.
Un scénario catastrophe prenait forme petit à petit, les usines de productions seraient bientôt dans l’incapacité de répondre à la demande.

Afin de palier aux insuffisances de production, EDF Guyane a sous-traité pour une durée de 4 à 8 mois une partie de son activité production en faisant intervenir sur le site de DDC le groupe belge Power Solution pour un montant estimé à 2 500 000 euros.
Cette entreprise exploite depuis mars 2010 plusieurs groupes diesels de type cumins pour une puissance totale de 20 Mégawatt. Malgré cet apport le système de production électrique guyanais reste fragile car les groupes diesels et les TAC de DDC doivent être révisés complètement.
Mais pour pourvoir réaliser la maintenance de ces outils de production, il faut pouvoir planifier l’arrêt de ces outils. Un choix cornélien pour EDF Guyane, accepter une baisse de production avec pour corollaire des coupures volontaires de la fourniture de l’énergie électrique ou produire à n’importe quel prix pour en définitive arriver aux mêmes conséquences pour les usagers ?

Au niveau du réseau de transport et de distribution de l’énergie électrique, le constat est aussi alarmant qu’à la production.
Le 19 et le 27 avril 2010, une grande partie de la population du littoral guyanais a été privée d’électricité pendant respectivement 1 heure et 2 heures.
Cette rupture du courant électrique est due à chaque fois à la défaillance du réseau transport, plus précisément à un combiné de mesure au poste source 90 kilovolts de DDC. Encore un problème de maintenance….

Le réseau de distribution est tout aussi capricieux ; ce sont des poches de la population guyanaises qui subissent régulièrement les variations de la tension, les coupures et les renvois intempestifs du courant électrique.
Rémire-Montjoly, Cayenne, Matoury, Macouria, Montsinery-Tonnegrande, Mana, Saint Laurent, les habitants de ces communes se plaignent de la mauvaise qualité de la fourniture de l’énergie électrique ainsi que la perte de nombreux appareils électriques.

Malgré la médiocrité de sa prestation, EDF Guyane applique une politique commerciale agressive.
Lors d’une demande d’ouverture d’un compteur, Edf Guyane met tout en œuvre pour que le client accepte la domiciliation (prélèvement automatique) en tant que moyen de paiement. Ce qui est contraire à la réglementation française et européenne (le client doit avoir un large choix de moyen de paiement), annexe A de la directive européenne 2003/54/CE et art L121-87 du code de la consommation.
Au niveau de la facturation, EDF Guyane utilise abusivement la facture estimée.
Règlementairement, EDF Guyane a l’obligation d’effectuer deux relèves par an, or dans certaines agences clientèle, par manque d’effectif, toutes les relèves ne sont pas réalisées.
Les clients reçoivent tous les deux mois une facture ; en grande majorité, c’est une facture estimée avec des écarts plus ou moins important en défaveur du client en raison de l’application d’un coefficient.
De plus, si le client ne règle pas sa facture dans les délais, il reçoit une lettre de rappel qui engendre systématiquement des frais de 40 euros.
Généralement, EDF Guyane après 49 jours de retard « coupe » systématiquement le client, qu’il y ait contact ou pas, en complète violation de la loi du 13 aout 2008 relatif aux cas d’impayés des factures d’électricité.

Tous ces problèmes concernant la production, le transport, la distribution et la politique commerciale d’EDF Guyane, le syndicat UTG de l’éclairage les avait déjà posés et proposé des solutions lors du conflit de décembre 2006.
Pour toute réponse, en 2007 une vague de répression s’abattit sur ce syndicat, deux licenciements, trois rétrogradations, dix gardes à vue d’une douzaine d’heure, plusieurs procès, une campagne médiatique de dénigrement du syndicat.
L’action de ce syndicat a déclenché la tenue d’un congrès (réunion du conseil général et du conseil régional) sur l’énergie le 23 mars 2003.
Sept résolutions ont été adoptées lors de ce congrès, notamment 20 Mégawatts supplémentaires pour faire face à la demande énergétique et la prise en compte de la problématique du transport et de la distribution.

Ainsi, est-il normal qu’au XXI siècle, en Guyane terre d’exploitation de l’industrie spatiale française, qu’on y trouve la mort pour avoir tenter de bénéficier des bienfaits de l’électricité, drame de Loka, de Cogneau Lamirande, de la cité Brutus…
Les problèmes demeurent et s’amplifient car il n’y a aucune volonté politique de donner une suite au congrès du 23 mars 2007.
Les collectivités territoriales ne jouent pas le rôle de donneur d’ordre que leur confère la législation française (code des collectivités territoriales, loi n°2000-108 du 10 février 2000 relatif à la modernisation de l’électricité) dans le domaine de l’énergie électrique, ils préfèrent laisser à EDF le soin d’écrire la destinée de l’énergie électrique de la Guyane au détriment de leurs administrés et du développement du pays.

Avril/Mai 2010




 
 

 

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