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Politique

19 octobre 2011

Félix EBOUE et le code de l’indigénat

felixeboue_eclairci
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Félix EBOUE a fait une longue carrière dans l’administration coloniale française (trente cinq années). Dès 1909 il est nommé administrateur colonial en AFRIK, à l’apogée de sa carrière il était en poste comme gouverneur général de l’A.E.F. (AFRIK Equatoriale française) en 1941. Mis à part quelques courts intermèdes en Martinique (secrétaire général 1932-1934) et en Guadeloupe (1936-1938), il a fait l’essentiel de sa carrière sur le continent AFRIKAIN (1909-1944). A quelques encablures d’un choix endogène pour nommer notre aéroport,  il me semble opportun de s’extirper  du «colonialement»  correct  en rappelant  les règles et lois en vigueur,  les pratiques  de l’administration française et leurs conséquences  visibles encore de nos jours sur les peuples AFRIKAINS. Ceci sous l’autorité de notre illustre compatriote.

Le code de l’indigénat ( 1873-1969 ?) est  un ensemble de règles d’exception sous critères raciaux chargé d’instaurer le « bon » ordre colonial. Beaucoup de ses dispositions relèvent du crime contre l’Humanité. Pour l’essentiel il s’agissait d’appliquer aux  « sujets français » en incapacité citoyenne de par la loi : les travaux forcés, l’interdiction de circuler la nuit, les réquisitions au bénéfice du colon, les zones de résidence, les impôts de capitation (taxes) sur les réserves et à un ensemble d’autres mesures tout aussi dégradantes.

Les nombreux rapports transmis à l’administration centrale renseignent sur l’ampleur de l’hécatombe.  Les chantiers de voies terrestres et/ou ferrée en forêt équatoriale ou dans les régions désertiques  « condamnaient à mort » un dixième des indigènes soumis au régime colonial du travail forcé. La déclaration révolutionnaire de 1789 devenait incompatible aux peuples dépositaires d’un taux de mélanine plus conséquent que le caucasien basique.

L’administrateur colonial détenait une capacité judiciaire lui permettant de sanctionner un homme désigné comme « sujet français » sans intervention de l’autorité de justice. La troisième république française s’inspirait fortement du corpus réglementaire colonial britannique pour élaborer des lois aussi inhumaines les unes que les autres. L’Angleterre ayant jusqu’au milieu du 20éme siècle le leadership des empires coloniaux. La compétition coloniale niait le caractère intrinsèquement humain des peuples vaincus par les armes.

Le discours officiel français résume Félix EBOUE à son discours ambigu à la jeunesse Guadeloupéenne en 1937, son ralliement au Général de GAULLE en août 1940  suite à l’appel du 18 juin, son décès au Caire en 1944 et son entrée  au Panthéon « des grands hommes français » en 1949.

René MARAN administrateur colonial également contemporain et ami de Félix EBOUE, est aux antipodes de la démarche de son compatriote.  Dans son recueil majeur  BATOUALA, prix GONGOURT en 1921, il  nous informe de son incapacité à s’inscrire durablement dans l’ordre colonial. Il s’opposait à sa hiérarchie et en subit les conséquences (son bannissement de la fonction publique).

Félix EBOUE appliquait avec minutie les directives de l’administration coloniale, il eu une belle carrière. L’état français en fait un héros jusqu’à ériger une statue métallique  difforme au beau milieu de notre belle place des palmistes.

A la fameuse conférence de BRAZZAVILLE en janvier 1944 on discute vivement de l’avenir des colonies françaises. Les combattants AFRIKAINS de la guerre 1939-1945 exigent la décolonisation. Félix EBOUE préconise l’assimilation des élites AFRIKAINES pour sauver l’empire colonial français en opposition aux velléités d’émancipation des AFRIKAINS. DE GAULLE suivra son conseil jusqu’à la guerre d’ALGERIE…

Les lions ne racontent pas les histoires de partie de chasse, pour autant sommes nous sûr de ne froisser en aucune façon notre idéal humaniste en offrant en vitrine mondiale notre porte d’entrée à un homme qui pendant des décennies était en charge d’appliquer bon gré mal gré le code de l’indigénat. Rochambeau nous faisait horreur, EBOUE nous fera- t-il honneur ?

Les juristes s’accordent à dire qu’après le code noir de Colbert, le code de l’indigénat est une codification de la barbarie moins sanglante mais tout aussi abjecte.

En guise de conclusion une citation lumineuse de notre illustre compatriote,

« L’indigène a un comportement, des lois, une patrie qui ne sont pas les nôtres. Nous ne ferons son bonheur, ni selon les principes de la Révolution française, qui est notre Révolution, ni en lui appliquant le Code napoléon, qui est notre Code. « F. Eboué (1941)

Wi pa ka gaté zanmi
ACHILLE Armand
P.S. : Nos compatriotes résidant sur le territoire de l’ININI étaient assujetti au code de l’indigénat jusqu’en 1969

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2 Commentaires


  1. Tijé

    Grémési pou sa bi-a.

    Lò nou ka wè lyannaj-manjé-kochon ki fèt pou sa non-an pou nou layéropòr, a roun kanman pou pété nou tèt !!!


  2. Djata

    je ne crois pas que mettre son nom à l’aeroport soit le bon car c’était un assimilé du système français.Si la Guyane veut faire la rupture il faut la faire totalement même quand c’est un negre.
    « L’indigène a un comportement, des lois, une patrie qui ne sont pas les nôtres. Nous ne ferons son bonheur, ni selon les principes de la Révolution française, qui est notre Révolution, ni en lui appliquant le Code napoléon, qui est notre Code. « F. Eboué (1941)



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