Advertisement


Société

21 décembre 2011

Dossier sur la grève à BUT à Matoury

Banderoles déployées durant la grève
Mots-clés : , ,

ET SUR LES ENJEUX DE LA GRANDE DISTRIBUTION EN GUYANE

Ròt Kozé met en lumière les dessous de la grève des salariés de BUT : analyses, témoignages et extraits de documents récoltés durant les événements ; vous saurez tout sur le combat mené par ces hommes et femmes.

SOMMAIRE

Cliquer pour lire les sujets

Interview de Corine DIMANCHE, déléguée du personnel chez BUT, syndicaliste UTG : « Nous gagnerons, car nous sommes des guerriers Masaï ! »

Pourquoi la direction refuse de négocier au bout de sept semaines selon toi ?

La direction ne veut rien entendre. Ils jouent le pourrissement, car ils croyaient qu’on allait lâcher. On ne leur demande pas grand chose, seulement 100 euros net d’augmentation. Ca fait deux ans qu’on n’a pas été augmenté, chaque année on réclamait 50 euros pour suivre l’augmentation du coût de la vie. Ils nous proposent 20 euros brut… Ils refusent alors que ça ne leur couterait pas énormément, comparé à leurs profits. 1200 euros par an par salarié. Ils disent qu’ils n’ont pas d’argent, mais BUT-Guyane leur rapporte gros depuis des années. Ils ont écrit que notre grève leur causait la perte de 400 000 euros de chiffres d’affaires par semaine, comme quoi on leur rapporte.

Mais ils ont d’autres projets. Il y a deux ans ils ont acheté CONFORAMA, et maintenant ils sont propriétaires de tous les HABITAT de France. On dirait qu’ils veulent couler le magasin en prétextant que la grève leur a fait perdre trop d’argent, et pouvoir faire des licenciements économiques.

Vous demandez une amélioration de vos conditions de travail. Tu peux en parler ?

Les accidents sont réguliers chez BUT. L’un des plus récents concerne un jeune qui travaillait au dépôt depuis seulement deux jours. Il est tombé d’une grande échelle de pompiers, il s’est retourné le pouce. Il est parti pour l’hôpital, et ses collègues ne l’ont plus revu. Il n’avait pas encore signé son contrat. Nous demandons une amélioration de nos conditions de travail. Les salariés manquent de place pour travailler. Les échelles sont mal installées, mal fixées, il manque des boulons aux poutrelles métalliques. La poussière n’est jamais nettoyée, et un grand nombre de salariés est touché par l’asthme.

Nous sommes au 21ème siècle. On ne peut pas travailler dans ces conditions. On a l’impression qu’on est au temps de l’esclavage, on a l’impression qu’ils veulent qu’on travaille gratuitement. Quand on leur a demandé de respecter la convention collective, ils ont proposé de la changer et de nous en donner une moins favorable, ils voulaient même qu’on leur donne de l’argent. Ils détournent la loi, ce sont des patrons voyous.

Penses-tu que vous pouvez gagner ?

Quand le directeur de BUT-Guyane est arrivé il y a 14 ans, il  nous a annoncé que sa porte était ouverte, qu’il était un patron social. Et aujourd’hui il nous laisse attendre sept semaines sous le soleil, la pluie, la poussière… Le PDG de CONFORAMA, M. Germont, pense que les Guyanais sont des moutons. J’ai entendu certains cadres dire de nous : « Avec eux, il faut un bon management, et il ne feront pas grève. » Sauf que nous on a de l’expérience, ça fait 15 ans, 20 ans ou 25 ans qu’on travaille là pour certains, on sait ce qu’on veut, on a le savoir-faire. On est là, on est décidés à aller jusqu’au bout.

Il faut que les gens soient confiants en ce qu’ils sont, en ce qu’ils croient. Il faut se battre, parce qu’il y a une justice. To gen roun komba ka tchenbé car sé missié ganyen largen. A pa yé pà, sé largen pou travayé-ya, sé largen pou lékol pou timoun-yan. Il faut que les gens arrêtent d’avoir peur, d’avoir peur de dénoncer, d’avoir peur d’eux-mêmes. Il faut qu’ils s’expriment.

Grève chez BUT à Matoury : Les pots de terre gagneront-ils contre le pot de fer ?

A l’heure où nous écrivons, les salariés du magasin BUT-Matoury connaissent leur huitième semaine de grève. La direction refuse toujours d’entendre les revendications des grévistes. Le MEDEF Guyane fait tout ce qu’il peut pour discréditer le mouvement, en répétant dans la presse que les salariés sont très bien payés, « entre 2 000 et 2 500 euros par mois en moyenne » !

Pourquoi ces salariés se sont-ils en grève dans ce cas ? Et pourquoi ce conflit dure-t-il autant ?

La LCD BUT a assigné les délégués du personnel en référé en demandant au tribunal de faire expulser le piquet de grève situé à l’entrée du parking du magasin. Le juge l’a débouté de sa plainte, constatant que l’accès au magasin était libre, et les grévistes tiennent bon jusqu’à présent. Ils sont soutenus par les clients et leur entourage. Chaque jour, on leur apporte de quoi manger, l’ambiance est conviviale et les discussions sont riches.

En quoi la victoire ou la défaite des grévistes est-elle importante pour tous les Guyanais épris de justice ?

BUT embauche aujourd’hui plus de 70 salariés, mais seuls la moitié d’entre eux sont en CDI. Les fiches de paye montrent que ces travailleurs touchent un salaire brut très faible, parfois en dessous du SMIC, ce qui est illégal, complété par des primes qui peuvent représenter prés de la moitié du salaire total (jusqu’à 2 000 / 2 500 euros). Les salariés de BUT sont donc plutôt bien payés en soi. Le problème, c’est que c’est le salaire brut qui permet de calculer les droits au chômage et à la retraite. Les primes ne comptent pas, et le patron peut les retirer facilement. D’ailleurs, il refuse d’augmenter le salaire depuis 2 ans, alors que le coût de la vie augmente.

Et la société, quelle est sa situation financière ? Le relevé de l’Assemblée générale de ses actionnaires du 29 septembre 2011 nous apprend que « les comptes sociaux de la Société font apparaître un bénéfice de 5.496.892 euros ». 5,5 millions d’euros ! Le même jour, les actionnaires toucheront « un dividende de 1.865.467,20 euros ». Près de 2 millions, qui « ouvriront droit à un abattement de 40% » ! M. Hervé GIAOUI, le PDG, a pour sa part touché, en un seul jour, en pleine grève, 530 000 euros. Ce sont ces dirigeants refusent une augmentation de 100 euros à leurs employés…

La précarité des uns fait la richesse des autres

La LCD But profite de la précarité pour avoir une main d’oeuvre plus docile. Les CDD et autres précaires ne peuvent être grévistes car ils risquent leur poste, mais beaucoup soutiennent le mouvement et se rendent sur le piquet pendant leurs pauses Parmi eux, BUT fait travailler une quinzaine de jeunes salariés en contrats d’apprentissage ou de professionnalisation. Intéressant pour l’employeur, car il est exonéré d’impôts. Ces jeunes sont utilisés selon les besoins de l’entreprise, sans souci de leur formation.

L’une d’entre elle, lycéenne, nous confie qu’elle a seule la responsabilité d’un grand rayon et qu’on lui demande de former des stagiaires, alors qu’elle-même travaille à mi-temps pour moins de 600 euros par mois. Elle est chez BUT dans le cadre de son bac pro en alternance, et ce salaire lui est nécessaire pour élever son enfant. Elle explique : « Je m’inquiète pour mon bac, car aucun des jeunes en alternance chez BUT l’année dernière n’a décroché son diplôme. Il y avait des bacs et des BTS, et ils étaient sérieux. Mais l’entreprise ne leur a pas permis de se former au dépôt et de faire le tour des services, et ils n’ont pas validé toutes les compétences de leur référentiel. »

BUT accueille également régulièrement une dizaine de stagiaires.

Construire la solidarité

On comprend pourquoi le syndicat d’enseignants Steg-UTG a affirmé sa solidarité avec les grévistes en expliquant : « Nous ne voulons pas que la jeunesse que nous formons et éduquons ait comme seule alternative le chômage, les djobs ou les contrats précaires et mal payés. » La centrale UTG soutient le conflit depuis le début, Albert DARNAL et d’autres dirigeants se rendent régulièrement sur le piquet. Des sections et militants sont venus apporter leur solidarité, tout comme Alain TIEN LONG, et bien sûr les militants du MDES dont Marc MONTHIEUX, élu de Matoury et conseiller régional.

Nous devrions construire, avec les forces progressistes et la population, une solidarité plus efficace encore. Il faudrait organiser des collectes de soutien, des initiatives publiques telles un meeting ou un concert de solidarité, pour ne pas laisser ces travailleurs seuls. Les patrons redoutent par dessus tout que les salariés de BUT puissent reprendre le travail la tête haute. Nous y avons tous intérêt, pour faire avancer la justice et les droits des travailleurs en Guyane.

Augmenter tous les petits salaires de 100 euros net ! La lutte des salariés de BUT pourrait s’étendre dans le secteur kon difè danbwa ka boulé savann

La revendication des 100 euros est visiblement ce qui inquiète le plus le Medef-Guyane. Dans son communiqué du 24 octobre, il déclare que cette grève « peut déboucher sur des conflits destinés à réclamer 100 euros d’augmentation comme chez LCD BUT ». Effectivement, la contagion pourrait obliger les patrons du secteur de la grande distribution à mieux traiter leurs salariés, tout comme les salariés des magasins ECOMAX avaient réussi à gagner une augmentation de 10% de salaire après trois semaines de grève il y a un an. Dans les deux cas, des groupes Martiniquais qui ont le monopole de la distribution en Guyane et s’enrichissent sur le dos des salariés comme de leurs clients.

Choisissez bien, choisissez BUT ! Le groupe CAFOM vu par lui-même

Comme beaucoup d’entreprises, le groupe CAFOM décrit sur son site internet la success-story de ses dirigeants. Dans cette présentation élogieuse, on trouvera le détail des achats, reventes, fusions d’entreprise et stratégies commerciales qui, depuis l’ouverture du premier BUT en Martinique en 1985, puis en Guyane en 1986, ont permis au groupe de se développer. En voici un résumé rapide.

Depuis plus de 30 ans, Hervé GIAOUI, André SAADA et Luc WORMSER ont compris que « le marché des DOM » représentait « un atout majeur ». L’éloignement, l’absence de production locale, la dépendance vis-à-vis de la métropole, l’entrée plus tardive dans la société de consommation, la situation de quasi-monopole des intermédiaires…. bref, la situation coloniale de la Guyane, a permis à ces hommes d’affaires ambitieux, comme à beaucoup d’autres, de réaliser des profits juteux.

Le site explique que « les départements d’outre mer constituent un marché particulièrement dynamique et soutenu. En effet, la part du budget des ménages allouée à l’investissement de l’aménagement de leur maison est plus importante qu’en métropole. » On ne s’étonnera donc pas que le plus grand magasin BUT de France soit celui de… Matoury. CAFOM possède en plus les trois CONFORAMA de Guyane, ainsi que des magasins aux Antilles et la Réunion.

Une communication agressive

Le « secret du succès » selon CAFOM ? La communication ! Sous le titre Une grande puissance publicitaire, le groupe détaille le matraquage intensif déployé durant des années pour transformer les habitants de nos pays en consommateurs fidèles. Citation :

« Avec un budget de près de 3 millions d’euros chaque année, BUT s’est installé dans la vie quotidienne des 500 000 foyers que comptent la Martinique, la Guadeloupe, la Guyane et la Réunion. La radio le matin et l’après midi, la télévision pendant de nombreuses années, les dépliants dans les boites aux lettres, les affiches dans les rues, les quotidiens, tous les médias affirment la présence tonique et remuante de l’enseigne.

Pour pallier la faiblesse des supports existants, CAFOM s’est crée son propre réseau de panneaux d’affichage 4x3m dans chaque département excepté la Réunion. (…) CAFOM communique tous les dix jours un message différent à travers son réseau de 300 panneaux. (…) Un demi-million d’exemplaires de dépliants distribués dans les boites aux lettres plus d’une fois par mois, remplacés depuis l’an 2000 par des catalogues plus séduisants et plus fournis. »

CAFOM vend ainsi des meubles, du matériel hi/fi et informatique, de l’électroménager, du « petit produit de la maison, déco et tendance », et du diamant… même à St-Laurent du Maroni. Et si vous habitez Maripasoula, vous pouvez également commander les produits sur internet ! Enfin, la Guyane va pouvoir se développer !

Alors, choisissez bien, choisissez BUT ! Comment ? Vous n’avez pas d’argent pour payer ? Pas de problème, CAFOM vous propose maintenant du crédit à la consommation ! Venez une fois, payez toute votre vie…

Interview de Wey Klè, ancien cadre de chez Super U : « Nous avons besoin d’un autre modèle de consommation pour la Guyane »

Les abords de nos grandes villes se couvrent de grandes zones commerciales. Que penses-tu de cette évolution ?

Je pense ces grandes surfaces ne sont pas adaptées à nos besoins. D’abord, leurs produits ne sont pas adaptés au goût guyanais. Dans leur discours, ils disent qu’ils s’adaptent aux réalités locales, mais ce n’est qu’une vitrine : ils ont de petits stands de produits locaux, et encore ce sont souvent des produits antillais. Mais nous ne retrouvons pas les produits qui nous ressemblent. Nous ne faisons pas le colombo de la même manière qu’aux Antilles, par exemple. Et l’alimentation des Businenge, des Amérindiens, ne se retrouve absolument pas dans leurs rayons. Mais les grandes surfaces ont des accords internationaux pour faire venir leur marchandise par containers, ils ne se préoccupent pas de la production locale.

A chaque ouverture de grand magasin, on parle des emplois pour la jeunesse…

Oui, mais en réalité, la grande distribution crée peu d’emplois. Sur 100 ou 200 salariés par exemple, les cadres viennent presque toujours d’ailleurs, de France ou des Antilles, ainsi qu’une partie des salariés. De plus, on fonctionne souvent avec une moitié seulement d’emplois stables en CDI, le reste dont des intérimaires ou des CDD. J’ai connu des intérimaires qui ont travaillé deux ans dans l’attente d’un CDI qui n’est jamais venu….

Les grandes surfaces sont censées fournir des produits pas cher pour la population ?

Il y a trois grandes catégorie de produits vendus en grandes surfaces : les marques nationales, qui ont leurs prix fixés et sur lesquels les distributeurs font peu de marges ; Les MDD, les marques des distributeurs comme U ou Carrefour, sur lesquels ils se font le plus de marges ; les marques premiers prix, qu’on trouve à Ecomax, Leader Price et qui s’adressent aux consommateurs les plus modestes. En réalité, les grandes surfaces comme Carrefour touchent les consommateurs les plus aisés, ceux qui ont l’habitude de fréquenter ces grandes surfaces en France ou en métropole, qui ont une voiture, et les moyens d’acheter là-bas. Les libre-services, les « Chinois » sont plus proches des gens dans les quartiers, mais ils ne représentent pas une solution non plus pour une bonne alimentation, pas chère, fondée sur la production locale.

On dit souvent que la production guyanaise est trop chère ?

On dit que la production guyanaise est trop chère, mais on lui fait de la concurrence déloyale avec les importations. Laissons notre agriculture se développer en dehors du modèle productiviste européen. Il faut sortir de l’agriculture intensive, qui ruine les sols et les paysans, pour produire des aliments riches et variés. La solution pour moi, ce sont des coopératives d’agriculteurs, qui se regroupent pour vendre leur production à des unités publiques de distribution, sur les marchés, ou pour approvisionner les cantines scolaires. Mais il faut une intervention publique, car le but d’une coopérative n’est pas le profit individuel.  Il y a trop de grandes surfaces par rapport au nombre d’habitants que nous avons en Guyane. Il faut arrêter ce modèle où tout est importé d’Europe, et se donner comme priorité la production locale. C’est ce qui permettra de donner du travail à nos jeunes et de se nourrir convenablement, sans polluer la planète avec les transports internationaux.

Et par rapport à une entreprise comme BUT, qui vend des meubles, de l’électroménager, de l’informatique ?

Déjà, nous pouvons développer la filière bois en Guyane, pour nos propres besoins. Un ancien tourneur du lycée Balata a lancé une entreprise de boutons de porte, pour remplacer les pièces défectueuses, mais nous avons des compétences, des artisans, qui pourraient nous permettre de nous passer des meubles fabriqués en Europe ou en Asie. Pour le reste, il faut affirmer notre ancrage en Amérique du Sud et en Amazonie. Nous devrions davantage échanger avec nos voisins, le Brésil et le Suriname, pour subvenir à nos besoins. A terme, nous pourrons aller vers un développement industriel local, en tropicalisant un certain nombre de produits.

Mais les gens sont attirés par la consommation, la nouveauté ? Beaucoup de salariés ont une partie de leurs salaires saisis directement pour rembourser les crédits à la consommation…

Le crédit tue. Ça arrange sur le moment, mais ça tue les gens. Même s’il y a des règles pour soi-disant éviter le sur-endettement. Il faut arrêter de toujours pousser les gens à consommer plus, à acheter, à s’endetter. Je suis pour remplacer les banques capitalistes par des banques de développement, qui apportent des financements pour développer la production guyanaise, pour satisfaire les besoins réels des travailleurs et des consommateurs. Il y a un modèle fondé sur les nouveautés permanentes, on jette et on rachète… Il faut arrêter ça, ce n’est pas ça la modernité.

Vincent TOUCHALEAUME

Bientôt dans Ròt Kozé : l’interview des salariés après leur victoire et une copie de l’accord de fin de grève.





 
 

 
Si a té mo

Jeu-concours Si a té mo

Tu as jusqu’au 23 novembre! #satm
by rotkoze
0

 
 
jeux concours RK

grand jeu concours de Rot Kozé

Après novembre 96 et novembre 2013, Zanmi Ròt Kozé offre un novembre 2016 à la jeunesse Guyanaise. Cette jeunesse a su montrer par le passé qu’elle savait s’organiser et se mobiliser pour obtenir ce qui lui sem...
by rotkoze
0

 

 
Conférence Débat du MDES version déf copie

Conférence-Débat du MDES sur l’environnement

Les enjeux environnementaux en Guyane et leur appropriation par ses habitants Intervenants: Stan AYANGMA, ingénieur en environnement, géographe : Les différentes perceptions/appropriations des problématiques environnemental...
by rotkoze
0

 
 
yanadoko-victoire

Yana Dòkò victorieux du Honduras : réaction du MDES

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 25 MARS 2015 : UNE VICTOIRE HISTORIQUE DE LA SELECTION NATIONALE DE GUYANE DE FOOTBALL En match aller des barrages qualificatifs pour la GOLD CUP (Coupes de nations de la CONCACAF) Notre Sélection  nat...
by rotkoze
0

 
 
agression-camopi-du-15032015

AGRESSION RACISTE A CAMOPI

COMMUNIQUE DE PRESSE DU 15 MARS 2015   Suite à l’agression raciste dont a été victime Monsieur Mario CHARLES, parent d’éléves, le Mouvement de Décolonisation et d’Emancipation Sociale, Dénonce un climat ra...
by rotkoze
1

 




Aucun Commentaire


Commentez le premier!


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Connect with Facebook

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>