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Société

5 avril 2013

Une justice coloniale aux abois

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Ce samedi 12 janvier 2013, les salons d’honneur de l’hôtel de ville de Cayenne accueillaient  une série de conférences en l’honneur du 40éme anniversaire du Barreau  de Cayenne.

En prémices nous avons pu entendre des points de vue techniques ou historiques liés à la fonction d’avocat en Guyane et à l’évolution du barreau de Cayenne.

A sa création en 1972 le barreau de Cayenne comptait huit avocats, aujourd’hui soixante dix professionnels sont inscrits à l’ordre, parmi eux un nombre important de Guyanais, avec une proportion remarquée pour les moins de quarante ans.
Le débat de clôture avait pour thème : «  Quel avenir pour la justice en GUYANE ? ».

Après une introduction policée par un des bâtonniers présent, les questions du public sont le passage obligé de ce type de cérémonie.
Grand fut l’étonnement et l’incrédulité de l’assistance quand à tour de rôle, le premier président de la cour d’appel, le procureur général du tribunal de grande instance et enfin une présidente de la cour d’assises témoignaient sans filets, des absences, des manquements et des errements de cette autorité régalienne française.

L’ensemble de la chaine judiciaire  a été mis en cause. Des gardes à vue aux conditions calamiteuses de détention, en concluant par la politique publique de réinsertion concise à sa plus simple expression sous nos latitudes. Aucune phase de l’action de justice n’est nominale, tous les voyants sont aux rouges. Le justiciable est une victime en puissance.

Nous apprenons dans un premier temps que si physiquement la réinstallation de la cour d’appel de Cayenne est effective depuis le 1er janvier 2012, son autonomie financière n’est pas encore à l’ordre du jour, fort de france tenant toujours fermement les cordons de la bourse. Son fonctionnement s’apparente à une cour d’appel de seconde classe malgré la charge existante et sa forte croissance en continue.
Dans le tronc commun français chaque cour d’appel dispose de son JIRS (juridiction spécialisée pour affaire sensibles et complexes) et de son école pour former les avocats entre autres. En Guyane rien de tout cela et pire encore les contentieux liés à la commande publique qui devraient faire des vagues dans les semaines à venir sont déférés dorénavant devant une juridiction française basée en Martinique. Ce manquement explique le dépaysement obligé de toutes les affaires de criminalité organisée en forêt et les affaires financières (corruption d’élus et de fonctionnaires) en Martinique, notre JIRS référent.

La décomposition du budget nous donne également une indication sur la nature de la « justice « en Guyane. Pour un budget de fonctionnement de deux millions d’euros, la cour d’appel doit payer 1 millions d’euros aux interprètes (Quand ils ne sont pas obligés de paralyser l’institution pour toucher leur dû). Une justice dans un univers linguistique ou 90% des citoyens ont une langue maternelle différente de celle de l’institution, le Palikur, le Kalina, l’Aloukou, et l’afro descendant du littoral etc.  y compris, ne correspond pas à la norme définie par l Organisation des Nations Unies à travers son Conseil des Droits de l’Homme.

[…]

Armand ACHILLE

La suite de cet article est disponible dans le journal Ròt Kozé n°185 téléchargeable ci-dessous :

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Un Commentaire


  1. Juliette

    Cet article m’étonne beaucoup. Le fait que la France ait beaucoup de mal à organiser une justice digne de ce nom aux Antilles et en Guyane est assez connue, du moins en métropole. Cependant j’avais l’impression que l’article visait à montrer que cça se passe totalement différemment par ici (métropole). Malheureusement on rencontre beaucoup de problème avec la justice, notamment dans le cadre des violences faites aux femmes punient de manière dérisoire, mais aussi avec les conditions de détention parfois indigne de la justice que les citoyen(ne)s sont en droit d’exiger, et c’est même un phénomène quasi-planétaire. En tout cas, on voit bien les efforts que l’Etat doit faire pour aider cet région, et c’est loin d’être facile.



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